Antigone est une pièce en un acte de Jean Anouilh représentée pour
la première fois au théâtre de
l'Atelier à Paris le 4 février 1944, durant l'Occupation allemande, dans une mise en scène, des décors et des costumes d'André Barsacq. Elle fait partie
des Nouvelles pièces noires avec Jézabel (1932), Roméo et
Jeannette (1946) et Médée (1953).
L’Antigone de Jean Anouilh est inspirée du mythe antique, en
rupture avec la tradition de la tragédie
grecque. « L'Antigone de Sophocle, lue et relue, et que
je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant
la guerre, le jour des petites affiches rouges1. Je l'ai réécrite à ma
façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de
vivre »2.
Le personnage d’Antigone est l'allégorie
de la Résistance s'opposant aux
lois édictées par Créon / Pétain, qu'elle juge iniques.
Elle refuse la facilité et préfère se rebeller, ne voulant pas céder à une prétendue
fatalité... Créon pour sa part, revendique de faire un « sale
boulot » parce que c'est son rôle et qu'il faut bien que quelqu'un le
fasse. Anouilh s’inspire du geste de Paul Collette, un résistant français
qui avait tiré sur Pierre Laval, chef du gouvernement de Vichy, le 27 août 1941. Jean Anouilh, en écrivant
cette pièce de théâtre, trouve ainsi le moyen de dénoncer la passivité de
certains face aux lois dictées par les nazis. Antigone symbolise la
résistance qui s'obstine malgré les dangers encourus. Le public afflue dans des
salles chauffées et oublie un temps les horreurs de la seconde
Guerre mondiale.
Résumé
Antigone est la fille d'Œdipe et de Jocaste, souverains de Thèbes. Après le suicide de
Jocaste et l'exil d'Œdipe, les deux frères d'Antigone, Étéocle et Polynice se sont entretués
pour le trône de Thèbes. Créon, frère de Jocaste est
– à ce titre – le nouveau roi et a décidé de n'offrir de sépulture qu'à Étéocle
et non à Polynice, qualifié de voyou et de traître. Il avertit par un édit que
quiconque osera enterrer le corps du renégat sera puni de mort. Personne n'ose
braver l'interdit et le cadavre de Polynice est abandonné à la chaleur et aux
charognards.
Seule Antigone refuse cette situation. Malgré l'interdiction de son oncle,
elle se rend plusieurs fois auprès du corps de son frère et tente de le
recouvrir avec de la terre. Ismène, sa sœur, ne veut pas
l'accompagner car elle a peur de Créon et de la mort.
Antigone est prise sur le fait par les gardes du roi. Créon est obligé
d'appliquer la sentence de mort à Antigone. Après un long débat avec son oncle
sur le but de l'existence, celle-ci est condamnée à être enterrée
vivante. Mais au moment où le tombeau va être scellé, Créon apprend que son
fils, Hémon, fiancé d'Antigone,
s'est laissé enfermer auprès de celle qu'il aime. Lorsque l'on rouvre le
tombeau, Antigone s'est pendue avec sa ceinture et Hémon, crachant au visage de
son père, s'ouvre le ventre avec son épée. Désespérée par la disparition du
fils qu'elle adorait, Eurydice, la femme de Créon, se
tranche la gorge.
Personnages[modifier]
Personnages principaux[modifier]
·
Antigone : fille d'Œdipe, sœur d'Étéocle, Polynice et
Ismène, cette jeune fille est l'héroïne de l'histoire qui porte d'ailleurs son
nom. Elle est décrite comme « pas assez coquine » par son entourage.
Mais cela ne l'empêche pas d'avoir une volonté de fer (ce qui la poussera à
affronter son oncle Créon en essayant d'enterrer son frère).
·
Créon : frère de Jocaste , légitime roi de Thèbes après la mort des deux
princes ennemis, Créon est un souverain âgé, réfléchi et courageux. Il nous est
décrit comme étant seul ( « Créon est seul »), se consacrant ainsi
entièrement à son règne dont il assume les sacrifices nécessaires comme la
punition de Polynice ou l'exécution d'Antigone.
·
Ismène : sœur d'Antigone qu'elle aime beaucoup ( « Si vous la faites
mourir, il faudra me faire mourir avec elle ! »), mais qui n'est pas
très courageuse avant la fin de l'histoire. Néanmoins, elle reste une belle
jeune fille « coquette » et raisonnable (« J'ai raison plus
souvent que toi ! »).
·
Hémon : fils de Créon et d'Eurydice, fiancé d'Antigone à laquelle il est très
fidèle (« Oui Antigone, je t'aime comme une femme »); fidélité qui le
conduira au suicide lorsque cette dernière meurt sur les ordres de Créon. Ce
fait le poussera également à mépriser son père, qu'il admirait beaucoup
auparavant.
Personnages secondaires[modifier]
·
La Nourrice : vieille dame également appelée
« Nounou » par les filles dont elle s'occupe.
·
Le Prologue/Chœur : issue des pièces de théâtre de la Grèce
antique, cette « entité » intervient au début du texte pour nous
narrer le contexte de la pièce et nous présenter les personnages qui y
évoluent. Il réapparait par la suite tout au long de la pièce pour faire
avancer le récit ou amener un personnage à la réflexion.
·
Eurydice : femme de Créon qui passe ses journées à tricoter
des habits pour les pauvres de Thèbes. Ces derniers « auront froid »
à la fin de la pièce car elle se tranche la gorge en apprenant la mort de son
fils.
·
Les trois gardes : chargés de
surveiller le cadavre de Polynice.
·
Le page du roi
·
Le messager
Le genre: Antigone» est une pièce de théâtre publiée en
1944. C'est une tragédie moderne sans actes ni scènes, elle mélange le tragique
et le comique, emploie l'anachronisme, rejette la bienséance et le style
noble...La structure: Antigone» est une tragédie sans actes ni scènes avec au
milieu le chœur qui annonce au public la situation irréversible dans laquelle
se trouve Antigone.
Le théâtre, ou genre dramatique, est à la fois
l'art de la représentation d'un drame, un genre littéraire particulier, et l'édifice dans
lequel se déroulent les spectacles de théâtre1.
Jadis,
le mot désignait également la scène ou le plateau,
c'est-à-dire toute la partie cachée du public par le rideau2.
Au sens
figuré, « théâtre » désigne un lieu où se déroule une action
importante (par exemple, un théâtre d'opérations militaires).
Aujourd'hui,
à l'heure des arts dits pluridisciplinaires, la
définition de l'art du théâtre est de plus en plus large (jusqu'à se confondre
avec l'expression spectacle vivant), si
bien que certains grands metteurs en scène n'hésitent
pas à dire que pour qu'il y ait théâtre, il suffit d'avoir un lieu, un temps, un acte et un public.
Il
s'agit de spectacles dans
lesquels des acteurs, mis
dans les circonstances et les situations créées par un texte et la
vision d'unmetteur en scène/réalisateur,
incarnent des personnages pour un regard extérieur (le public), dans
un temps et un espace limités. Les dialogues écrits sont appelés pièces de théâtre, mais
il peut y avoir également du théâtre sans texte écrit ou même sans aucune
parole. Dans la création contemporaine, les frontières entre les différents arts de la scène (théâtre, mime, cirque, danse...)
sont de plus en plus ténues, si bien que certains professionnels n'hésitent pas
à remplacer le mot théâtre par les mots spectacle pluridisciplinaire ou spectacle vivant, mettant
ainsi l'accent sur le métissage des disciplines.
Contexte
historique d’Antigone
Antigone
est une pièce en un acte de Jean Anouilh représentée pour la première fois à
Paris en 1944, en pleine occupation allemande.. Elle fait partie des Nouvelles
pièces noires L’Antigone d’Anouilh est inspirée du mythe antique grecque. «
L'Antigone de Sophocle », Le personnage d’Antigone est l'allégorie de la
Résistance s'opposant aux lois édictées par Créon / Pétain et qu'elle juge
injustes. Elle refuse la facilité et préfère se rebeller, ne voulant pas céder
à une prétendue fatalité...
Créon pour sa part, revendique de faire un « sale boulot » parce que c'est son rôle et qu'il faut bien que quelqu'un le fasse. Anouilh s’inspire du geste de Paul Collette, un résistant français qui avait tiré sur Pierre Laval, chef du gouvernement de Vichy, en1941.Antigone est la fille d'Œdipe et de Jocaste, souverains de Thèbes. Après le suicide de Jocaste et l'exil d'Œdipe, les deux frères d'Antigone, Étéocle et Polynice seront entretués pour le trône de Thèbes. Créon, frère de Jocaste et – à ce titre – nouveau roi, a décidé de n'offrir de sépulture qu'à Étéocle et non à Polynice, qualifié de voyou et de traître. Il avertit par un édit que quiconque osera enterrer le corps du renégat sera puni de mort. Personne n'ose braver l'interdit et le cadavre de Polynice est abandonné à la chaleur et aux charognards. Seule Antigone refuse cette situation. Malgré l'interdiction de son oncle, elle se rend plusieurs fois auprès du corps de son frère et tente de le recouvrir avec de la terre. Ismène, sa sœur, informée de sa décision, refuse de la suivre, craignant sa propre mort. Très vite, Antigone est prise sur le fait par les gardes du roi. Créon est obligé d'appliquer la sentence de mort à Antigone. Après un long débat avec son oncle sur le but de l'existence, celle-ci est condamnée à être enterrée vivante. Mais au moment où le tombeau va être scellé, Créon apprend que son fils, Hémon, fiancé d'Antigone, s'est laissé enfermer auprès de celle qu'il aime. Lorsque l'on rouvre le tombeau, Antigone s'est pendue à sa ceinture et Hémon, crachant au visage de son père, s'ouvre le ventre avec son épée. Désespérée par la disparition du fils qu'elle adorait, Eurydice, la femme de Créon, se tranche la gorge.
Créon pour sa part, revendique de faire un « sale boulot » parce que c'est son rôle et qu'il faut bien que quelqu'un le fasse. Anouilh s’inspire du geste de Paul Collette, un résistant français qui avait tiré sur Pierre Laval, chef du gouvernement de Vichy, en1941.Antigone est la fille d'Œdipe et de Jocaste, souverains de Thèbes. Après le suicide de Jocaste et l'exil d'Œdipe, les deux frères d'Antigone, Étéocle et Polynice seront entretués pour le trône de Thèbes. Créon, frère de Jocaste et – à ce titre – nouveau roi, a décidé de n'offrir de sépulture qu'à Étéocle et non à Polynice, qualifié de voyou et de traître. Il avertit par un édit que quiconque osera enterrer le corps du renégat sera puni de mort. Personne n'ose braver l'interdit et le cadavre de Polynice est abandonné à la chaleur et aux charognards. Seule Antigone refuse cette situation. Malgré l'interdiction de son oncle, elle se rend plusieurs fois auprès du corps de son frère et tente de le recouvrir avec de la terre. Ismène, sa sœur, informée de sa décision, refuse de la suivre, craignant sa propre mort. Très vite, Antigone est prise sur le fait par les gardes du roi. Créon est obligé d'appliquer la sentence de mort à Antigone. Après un long débat avec son oncle sur le but de l'existence, celle-ci est condamnée à être enterrée vivante. Mais au moment où le tombeau va être scellé, Créon apprend que son fils, Hémon, fiancé d'Antigone, s'est laissé enfermer auprès de celle qu'il aime. Lorsque l'on rouvre le tombeau, Antigone s'est pendue à sa ceinture et Hémon, crachant au visage de son père, s'ouvre le ventre avec son épée. Désespérée par la disparition du fils qu'elle adorait, Eurydice, la femme de Créon, se tranche la gorge.
Définition
des genres théâtraux:
- La Tragédie
- La Comédie
- Le Drame
- Le Théâtre de Boulevard
- Le Vaudeville
- Le Drame Bourgeois
- Le Théâtre de la Responsabilité
- Le Théâtre de l'Absurde
La Tragédie est représentative de l'expression du XVIIe. La
composition est faite en cinq actes versifiés. Les personnages sont
illustres, des rois réels ou mythiques ( héros antiques ou bibliques).
L'époque est historique, antique ou biblique. L'espace est un pays lointain
près de la Mer Mediterrannée. La tragédie est souvent l'expression de la
classe aristocratique au XVIIe. Le tragique nait toujours d'un conflit
(liberté- fatalité.). Le dénoument est "tragique" et finit toujours
sur la mort du protagoniste toujours manipulé par des forces qui le/la
dépassent (le temps, l'espace, les dieux, la raison). L'effet de la tragédie
doit inspirer la terreur, la pitié et crée chez le spectateur une catharis,
sorte de purification des passions humaines. Exemple: Phédre de
Racine
|
La Comédie est associée aux XVIIe et XVIIIe siécles. Les
personnages sont de condition sociale plus modestes que dans la tragédie,
souvent des bourgeois qui ont un métier. L'époque est contemporaine à celle
de l'auteur. Le lieu est un interieur bourgeois. Le comique provoque le rire
en donnant au spectateur une supériorité sur un personnage comique de
situation (quiproquo) de gestes (jeux de scène) de paroles (répetitions) de
caractères. (l'excés moral) L'intrige soulève des problèmes sociaux ou culturels
et le dénouement est satirique. Souvent, il ya a une intervention en "in
extramis" d'un deus ex machina. Ex: Le Bourgeois Gentihomme de
Molière
|
Le Drame est un concept dévelopé par Victor Hugo en 1827 dans
la préface de sa peiece, Cromwell. L'effet dramatique, ou le
moment dramatique, vise à émouvoir, et à toucher le spectateur en faisant
appel à sa sensibilité. L'expression est souvent de perspective bourgeoise.
Les personnages sont historiques (rois, nobles souvent déclassés et de
simples roturiers). L'époque est antérieure à celle de l'auteur mais limitée
aux temps modernes. Les lieux sont multiples et mélangent les décors
interieurs ou intimes et contrastent avec la nature, les jardins et les
espaces publiques. Le drame romantique est théorique et vise à atteindre plus
de vérité par le mélange des genres (tragique et comique) et par le mélange
des tons (sublime et grotesque). Ex: Hernani de Hugo.
|
Le théâtre de boulevard. C'est un genre qui joue sur une intrigue
construite autour du triangle femme, mari et amant dans un milieu bourgeois
avec des circonstances conventionnelles. Le dénouement est heureux et son
expression est "parisienne', bourgeoise ou quelquefois prolétaire. Ex: Le
Père Noël est une Ordure
Le Vaudeville est une forme de comédie du XIXe, bâtie sur une
intrigue amoureuse établie sur des quiproquos, des hasards extraordinaires et
des rebondissements inattendus. Les personnages sont stéréotypés: le cocu, le
mari stupide, le bel homme, la femme légère, l'ingénue etc...Cette forme de
comédie revèle la bourgeoisie triomphante et prospère de la fin de siècle.
Ces pieces sont très populaires dans les théâtres parisiens aujourd'hui et
font souvent les programmes de télévision en France aujoud'hui. Ex: La
Puce à l'Oreille de Feydeau.
Le Drame Bourgeois apparaît au XVIIIe où les spectateurs
exigent un thèâtre plus proche d'eux que ne l'exige la tragédie classique.
Ses personnages bourgeois clament le triomphe de la vertu, et expriment des
vérités de situation. Le ton pathétique domine pour émouvoir, toucher et
faire pleurer mais ne requiert pas forcèment la mort du personnage central.
Ex Les Corbeaux de Becque.
Le Théâtre de la Responsabilité (ou le théâtre engagé) reprend
les thèmes tragiques pour souligner les problèmes de la liberté des êtres
humains.Ex: Les Mouches de Sartre
Le Théâtre de l'Absurde met en évidence la désintégration de
l'intrigue et du discours et souligne l'existence ou la présence des
personnages.EX: En Attendant Godot de Beckett
|
Jean
Anouilh
Jean Anouilh est un écrivain et dramaturge français, né le 23 juin 1910 à Bordeaux (Gironde) et
mort le 3 octobre 1987 àLausanne (Suisse). Son œuvre théâtrale commencée
en 1932 est particulièrement abondante et variée : elle est constituée de
nombreuses comédies souvent
grinçantes et d'œuvres à la tonalité dramatique ou tragique comme sa
pièce la plus célèbre, Antigone, réécriture
moderne de la pièce de Sophocle.
Anouilh a lui-même organisé ses œuvres en
séries thématiques, faisant alterner d'abord Pièces
roses et Pièces noires. Les premières
sont des comédies marquées par la fantaisie comme Le Bal des voleurs (1938)
alors que les secondes montrent dans la gravité l'affrontement des
« héros » entourés de gens ordinaires en prenant souvent appui sur
des mythes commeEurydice (1941), Antigone (1944) ou Médée (1946).
Après la guerre apparaissent les Pièces brillantes qui jouent sur la mise en abyme du
théâtre au théâtre (La Répétition ou l'Amour puni en 1947, Colombe en
1951), puis les Pièces
grinçantes, comédies satiriques comme Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes (1956).
Dans la même période, Jean Anouilh s'intéresse dans des Pièces costumées à des figures lumineuses qui se
sacrifient au nom du devoir : envers la patrie comme Jeanne d'Arc dans L'Alouette (1953)
ou envers Dieu comme Thomas Becket (Becket ou l'Honneur de Dieu en
1959). Le dramaturge a continué dans le même temps à servir le genre de la
comédie dans de nombreuses pièces où il mêle farce et ironie (par
exemple Les Poissons rouges ou Mon père ce héros en 1970)
jusque dans les dernières années de sa vie.
Jean Anouilh a également adapté plusieurs
pièces d'auteurs étrangers, Shakespeare en
particulier. Il a aussi mis en scène certaines de ses œuvres (par exemple Colombe en
1974), en même temps qu'il travaillait à des scénarios pour le
cinéma ou à la télévision.
Genèse
d'une passion (1923-1932)
Le lycée
Chaptal, au croisement de la rue de Rome et du boulevard des Batignolles.
Jean-Marie-Lucien-Pierre Anouilh est le fils de
François Anouilh, tailleur et Marie-Magdeleine Soulue, professeur de piano et
pianiste d'orchestre à Arcachon1. C'est en 1923 au lycée Chaptal que son
amour pour le théâtre se manifeste. C'est également là qu'il fera la
connaissance de Jean-Louis Barrault2. Des rencontres littéraires essentielles
interviennent. Tout d'abord, vers 19263, celle de Jean Cocteau avec Les Mariés de la tour Eiffel. Jean
Anouilh relate lui-même cette découverte en ces termes :
« J'ouvris le numéro, désœuvré, distrait,
je passais les romans, homme de théâtre en puissance je méprisais déjà ces
racontars et j'arrivais à la pièce dont le titre insolite m'attira. [...] Dès
les premières répliques quelque chose fondit en moi : un bloc de glace
transparent et infranchissable qui me barrait la route. [...] Jean Cocteau
venait de me faire un cadeau somptueux et frivole : il venait de me donner
la poésie du théâtre3. »
À cette époque, Anouilh se nourrit des lectures
de Paul Claudel, Luigi Pirandello et George Bernard Shaw.
Deuxième grande découverte celle de Jean Giraudoux en 1928,
au poulailler de la comédie des Champs-Elysées, à
travers sa pièce Siegfried,
qu'Anouilh finit par apprendre par cœur4.
Après avoir travaillé quelques semaines au
bureau des réclamations des Grands Magasins du Louvre puis
pendant deux ans dans l'agence de publicité Étienne Damour avec, entre autres, Jacques Prévert, Georges Neveux, Paul Grimault5 et Jean Aurenche6, Anouilh, succédant à Georges Neveux,
devient entre 1929 et 1930, le secrétaire général de la comédie des
Champs-Élysées, que dirige alors Louis Jouvet7. Anouilh est chargé de rédiger des notes sur
les manuscrits reçus et de composer la salle pour les générales. La
collaboration entre Anouilh et Jouvet est houleuse, Jouvet sous-estimant les
ambitions littéraires de son employé. Ni Anouilh lui-même, qu'il surnomme
« le miteux »8, ni son théâtre ne trouveront grâce aux yeux
de Jouvet. Après la lecture de La Sauvage, il
déclare à Anouilh : « Tu comprends mon petit gars, tes personnages sont des
gens avec qui on ne voudrait pas déjeuner ! »
En octobre 1931, Jean Anouilh est mobilisé et
part faire son service militaire à Metz puis à Thionville. Après
deux mois de service, il est réformé temporaire et revient à Paris9. Anouilh vit alors, dans un atelier à
Montparnasse puis dans un appartement rue de Vaugirard, meublé
avec l'aide de Jouvet, avec qui il s'est provisoirement réconcilié10. Il emménage avec la comédienne Monelle Valentin11, qui créera entre autres le rôle-titre d'Antigone en 1944,
et dont il aura une fille, Catherine12, née en 1934 et qui deviendra elle aussi
comédienne (elle créera la pièce que son père écrira pour elle Cécile ou l'École des pères en 1954). Le couple se sépare en 1953
et Anouilh épouse la comédienne Nicole Lançon qui
deviendra sa principale collaboratrice et avec laquelle il aura trois
enfants : Caroline, Nicolas et Marie-Colombe.
Mélodrame
(cinéma)
Au xixe siècle, le mélodrame était un genre théâtral dramatique
populaire, héritier du drame bourgeois et du théâtre de foire,
caractérisé par l'emphase du style, l'exacerbation des émotions, le schématisme
des ressorts dramatiques et l'invraisemblance des situations opposant des
figures manichéennes. Les élans dramatiques étaient par ailleurs soulignés par
des plages musicales et le paroxysme y était allègrement employé pour susciter
l'émotion du spectateur.
Peu
après sa naissance, le cinéma a repris ce genre théâtral pour produire des
films constitués d’une série d’oscillations violentes entre les moments de
bonheur et les moments de détresse présentés avec la menace constante que le
pire finisse par triompher. Les personnages représentent plus des fonctions ou
des idées opposées que des individus1. Les Deux Orphelines de David Wark Griffithest
considéré comme le film qui opère le passage définitif du mélodrame du théâtre
au cinéma1.
Le langage théâtral tient compte à la fois du texte de la pièce et de sa
représentation sur scène.
1 - Le langage dramatique
Le dialogue. Il est au cœur même de l’action théâtrale et manifeste la présence d’au moins deux personnes sur scène. Il prend différentes formes
• La réplique : elle constitue la réponse d’un personnage à l’autre.
• La repartie : c’est une réplique brève qui répond à une attaque.
• La tirade : c’est une réplique généralement longue qui argumente sur un sujet dans le registre lyrique ou épique.
• La stichomythie : c’est un dialogue où les personnages se répondent vers par vers et qui donne un style vif à l’échange.
Le monologue. Il manifeste la présence d’un personnage seul sur scène, qui se parle à lui-même, ou éventuellement à quelqu’un d’absent, pour exprimer son trouble ou un dilemme. Il permet également au spectateur de connaître les pensées du personnage.
Les stances. Elles sont différentes du monologue par leur aspect poétique et traduisent l’émotion du personnage.
L’aparté. Ce sont des propos brefs prononcés par un personnage soit pour lui-même, soit à l’adresse du public, à l’insu des autres personnages. C’est un procédé fortement utilisé dans la comédie qui permet de suivre le double jeu des personnages.
Les didascalies. Ce sont toutes les indications scéniques, souvent mises en italique, qui vont permettre de fournir des informations au metteur en scène ou au lecteur. On distingue :
• Les didascalies initiales : elles donnent le titre de la pièce, les listes des personnages, les indications de lieu, le décor...
• Les didascalies internes : elles accompagnent le dialogue.
2 - L’action dramatique
Le théâtre français est resté très longtemps codifié. Les règles ont été élaborées tout au long du XVIIe siècle :
• La règle des trois unités : l’unité de temps (l’action ne doit pas dépasser 24 heures), l’unité de lieu (il faut un décor de palais pour une tragédie, un intérieur bourgeois pour la comédie) et l’unité d’ action (il faut tenir l’intrigue à une action principale).
• La vraisemblance et la bienséance. La vraisemblance vise à montrer sur scène ce que le public peut croire. La bienséance interdit de faire couler le sang sur scène. On doit mourir en coulisses. Le Cid (1636) de Corneille choqua en mettant en scène la confrontation de Rodrigue et de Chimène après l’assassinat du père de celle-ci.
• Le découpage d’une pièce de théâtre : les actes sont en général au nombre de cinq, mais on en trouve parfois trois dans les comédies.
Les scènes structurent l’acte et sont marquées par l’entrée ou la sortie d’un ou des personnages.
La structure interne
• L’exposition. Elle ne doit pas excéder le premier acte. Le spectateur est informé de la situation initiale par des renseignements sur le lieu, le temps, les personnages et l’action.
• Le nœud dramatique. Il met en place la série de conflits et d’obstacles qui empêchent la progression de l’action. Celle-ci peut donc être ponctuée de péripéties (renversement de situation, suite à l’intervention d’éléments extérieurs), de coups de théâtre (renversement brutal), de quiproquos (qui retardent l’action) et de rebondissements (propres à compliquer l’intrigue).
• Le dénouement. Il doit être complet et rapide, de manière à résoudre entièrement les conflits présents dans l’intrigue. Le Deus ex machina est un dénouement qui fait intervenir une action divine.
3 - La scène théâtrale
Un espace de jeu
• La scène à l’italienne : elle trouve son origine à la Renaissance et est prédominante entre le XVIIe et le début du XXe siècle. Le public bénéficie d’une salle composée d’un orchestre, d’un parterre, de galeries et de loges et disposée en demi-cercle, de telle manière qu’elle est séparée de la scène par un rideau qui rappelle les conventions de "l’illusion théâtrale". Les chandelles qui justifient le découpage en actes précèdent les rampes à gaz.
• Les scènes modernes : le XXe siècle invente des nouveaux lieux qui permettent d’atténuer la séparation comédiens/public. Ainsi, en 1970, Ariane Mnouchkine installe son théâtre à la Cartoucherie, située dans le bois de Vincennes et qui est composée de trois hangars.
La scène symbolique. Les décors, les costumes et les maquillages contribuent au symbolisme de la scène en soulignant les choix du metteur en scène. C’est ainsi qu’Alfredo Arias choisit de faire porter aux acteurs des masques de singe lors de sa mise en scène du Jeu de l’ amour et du hasard de Marivaux.
1 - Le langage dramatique
Le dialogue. Il est au cœur même de l’action théâtrale et manifeste la présence d’au moins deux personnes sur scène. Il prend différentes formes
• La réplique : elle constitue la réponse d’un personnage à l’autre.
• La repartie : c’est une réplique brève qui répond à une attaque.
• La tirade : c’est une réplique généralement longue qui argumente sur un sujet dans le registre lyrique ou épique.
• La stichomythie : c’est un dialogue où les personnages se répondent vers par vers et qui donne un style vif à l’échange.
Le monologue. Il manifeste la présence d’un personnage seul sur scène, qui se parle à lui-même, ou éventuellement à quelqu’un d’absent, pour exprimer son trouble ou un dilemme. Il permet également au spectateur de connaître les pensées du personnage.
Les stances. Elles sont différentes du monologue par leur aspect poétique et traduisent l’émotion du personnage.
L’aparté. Ce sont des propos brefs prononcés par un personnage soit pour lui-même, soit à l’adresse du public, à l’insu des autres personnages. C’est un procédé fortement utilisé dans la comédie qui permet de suivre le double jeu des personnages.
Les didascalies. Ce sont toutes les indications scéniques, souvent mises en italique, qui vont permettre de fournir des informations au metteur en scène ou au lecteur. On distingue :
• Les didascalies initiales : elles donnent le titre de la pièce, les listes des personnages, les indications de lieu, le décor...
• Les didascalies internes : elles accompagnent le dialogue.
2 - L’action dramatique
Le théâtre français est resté très longtemps codifié. Les règles ont été élaborées tout au long du XVIIe siècle :
• La règle des trois unités : l’unité de temps (l’action ne doit pas dépasser 24 heures), l’unité de lieu (il faut un décor de palais pour une tragédie, un intérieur bourgeois pour la comédie) et l’unité d’ action (il faut tenir l’intrigue à une action principale).
• La vraisemblance et la bienséance. La vraisemblance vise à montrer sur scène ce que le public peut croire. La bienséance interdit de faire couler le sang sur scène. On doit mourir en coulisses. Le Cid (1636) de Corneille choqua en mettant en scène la confrontation de Rodrigue et de Chimène après l’assassinat du père de celle-ci.
• Le découpage d’une pièce de théâtre : les actes sont en général au nombre de cinq, mais on en trouve parfois trois dans les comédies.
Les scènes structurent l’acte et sont marquées par l’entrée ou la sortie d’un ou des personnages.
La structure interne
• L’exposition. Elle ne doit pas excéder le premier acte. Le spectateur est informé de la situation initiale par des renseignements sur le lieu, le temps, les personnages et l’action.
• Le nœud dramatique. Il met en place la série de conflits et d’obstacles qui empêchent la progression de l’action. Celle-ci peut donc être ponctuée de péripéties (renversement de situation, suite à l’intervention d’éléments extérieurs), de coups de théâtre (renversement brutal), de quiproquos (qui retardent l’action) et de rebondissements (propres à compliquer l’intrigue).
• Le dénouement. Il doit être complet et rapide, de manière à résoudre entièrement les conflits présents dans l’intrigue. Le Deus ex machina est un dénouement qui fait intervenir une action divine.
3 - La scène théâtrale
Un espace de jeu
• La scène à l’italienne : elle trouve son origine à la Renaissance et est prédominante entre le XVIIe et le début du XXe siècle. Le public bénéficie d’une salle composée d’un orchestre, d’un parterre, de galeries et de loges et disposée en demi-cercle, de telle manière qu’elle est séparée de la scène par un rideau qui rappelle les conventions de "l’illusion théâtrale". Les chandelles qui justifient le découpage en actes précèdent les rampes à gaz.
• Les scènes modernes : le XXe siècle invente des nouveaux lieux qui permettent d’atténuer la séparation comédiens/public. Ainsi, en 1970, Ariane Mnouchkine installe son théâtre à la Cartoucherie, située dans le bois de Vincennes et qui est composée de trois hangars.
La scène symbolique. Les décors, les costumes et les maquillages contribuent au symbolisme de la scène en soulignant les choix du metteur en scène. C’est ainsi qu’Alfredo Arias choisit de faire porter aux acteurs des masques de singe lors de sa mise en scène du Jeu de l’ amour et du hasard de Marivaux.
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